Cadre Théorique

Un cadre théorique à la croisée de la sociologie et de la psychologie sociale

Issu des champs de la sociologie et de la psychologie, notre cadre théorique s’attache à la compréhension des échanges et interactions. Pour cela, nous mettons en place des outils d’observation et de facilitation de l’échange entre les acteurs. Ce travail permet l’analyse des réalités sociales invisibles ou mal comprises. La compréhension des interactions entre les différents acteurs permet de travailler à la cohésion au sein de l’établissement et à la construction de solutions innovantes et pertinentes.

L'interactionnisme symbolique: de l'individu à l'acteur

L’interactionnisme symbolique est un cadre théorique issu de la sociologie et plus précisément de l’école de Chicago. Selon George Mead, l’interactionnisme symbolique vise à mieux comprendre les problématiques étudiées en s’intéressant au sens que les acteurs de terrain donnent à leurs actions.

Une telle perspective déplace l’angle d’analyse de l’individu vers un ensemble complexe d’activités sociales. Ainsi, le bénévole, le professionnel ou le citoyen sont perçus comme acteurs et parties prenantes de nos interventions. Ceux qui font vivre une organisation en sont les véritables experts et aucune intervention ne saurait être pertinente sans leur participation.

Cette distinction permet de dépasser l’idée d’un individu en réaction à des forces extérieures pour l’envisager plutôt comme acteur, capable d’actions envers les choses¹.

Un cadre théorique adapté aux secteurs social et médico-social

L’interactionnisme symbolique place l’humain au centre de tous les enjeux. Par sa flexibilité  et son attachement aux personnes et à leurs relations, il est le seul cadre théorique mettant les rapports sociaux au centre des enjeux organisationnels. Cette grille d’analyse est d’autant plus pertinente dans les secteurs social et médico-social car les rapports humains y sont structurants ; l’interaction y est permanente et l’intercompréhension indispensable.

Aussi, nous concevons notre métier comme un appui aux personnes et aux organisations faisant fonctionner le système de solidarité. Notre domaine d’expertise est donc le social dans son sens le plus large. Au sein de Kainotomía, nous sommes convaincus que tout ce qui structure notre société peut être expliqué par les rapports humains, plus précisément par l’analyse des interactions entre les acteurs. 

Cette réalité est d’autant plus vraie dans le travail social et médico-social où la relation entre le travailleur social et la personne fragilisée revêt de nombreux enjeux. 

L'échange entre acteurs comme créateur de consensus

Nous avons compris à travers nos expériences et nos formations que c’est par l’échange que nous évoluons. C’est en croisant les regards que nous arrivons à nous comprendre et à avancer dans le même sens. En sciences humaines, on décrit ce processus selon trois phases² :

Sociologie et psychologie sociale

Une posture d'ouverture

Notre cadre théorique a un intérêt fondamental, il nous évite de tomber dans l’a priori ou le préjugé pour privilégier un processus qui favorise la construction de l’analyse à partir de la parole des acteurs de terrain. 

Nous pouvons, comme Peter Woods, parler de cette posture en termes d’ouverture³. À partir de la compréhension du territoire et des acteurs, nous mettons en avant des besoins et des problématiques qu’il serait impossible de faire ressortir dans le cadre d’une recherche dont les catégories d’analyse seraient prédéfinies. 

Une méthodologie rigoureuse : l'importance du terrain et des acteurs

L’interactionnisme symbolique s’est développé autour d’une méthodologie favorisant la compréhension du terrain et des acteurs qui y vivent ou y travaillent. Pour cela, nous mettons en place divers outils comme l’observation participante qui permet de comprendre la réalité des acteurs.  

Notre méthodologie est rigoureuse, elle s’appuie sur la constitution d’un corpus de données permettant, en amont, d’appréhender le terrain. Ce n’est qu’après ce travail de recherche que nous entamons les phases d’observation et d’entretiens collectifs et individuels. 

C’est à partir de cet ensemble de données que nous allons comprendre et analyser les enjeux du terrain de la structure ou de l’organisation dans laquelle nous intervenons.

Nos références théoriques :

Anselm Strauss ( La dynamique sociale et la négociation de l’ordre sociale) 

Michel Crozier et Erhard Freidberg (Analyse stratégique et sociologie des organisations)

George Mead (Ethnologie sociale et mise en action des individus)

Herbert Blumer (Fabrication de consensus – ou de sens commun)

Howard Becker (Sociologie de l’interactionnisme symbolique et observation participante)

Michel Grangeat (L’apprentissage par le groupe)

Paolo Freire (Pédagogie de l’autonomie et conscientisation)

Erving Goffman ( La présentation de soi et la mise en scène de la vie quotidienne)

Joëlle Zask (Les formes démocratiques de la participation)

¹ Cefaï D. & L. Quéré (2006), « Naturalité et socialité du Self et de l’esprit », Introduction à Mead G. H., L’Esprit, le soi et la société, Paris, Presses universitaires de France, pp. 3-90.

² En paraphrasant Blumer

³ Peter Woods ( 1992), “L’Ethnographie de l’école”, Compte rendu par Burguière Evelyne, revues française de pédagogie, pp. 141-143.